Otto Dix Trois Prostituées

Huberty, C, Keunings, L, La prostitution à Bruxelles au dix-neuvième siècle, Les cahiers de la Fonderie, 1987, 2, pp 3-21. La guerre en Allemagne chez Nierendorf à Berlin en 1935. Il participe à deux A-t-elle était détruite par les nazis: et donc une reconstitution ou bien la véritable toile dOtto Dix? Lart dOtto Dix évolue ensuite vers le portrait. Outre la célèbre toile Portrait de lavocat Hugo Simons de la collection permanente du Musée des beaux-arts de Montréal depuis 1993, les visiteurs pourront admirer les portraits atypiques que lartiste réalisa des membres de son entourage et de personnages influents de la fin des années 20. Dans une démarche plus réaliste, il ne se contente pas que de reproduire ses sujets sur toile, mais nous offre une véritable interprétation de leurs personnalités, de manière à faire transparaître leurs moindres replis et ce, dans un souci du détail impressionnant. Lhomme sélectionnait dailleurs ses modèles daprès leurs personnalités plutôt que leurs attributs physiques. Avec ses portraits, Dix réussit à nous raconter littéralement qui étaient ces personnes. Son œuvre la plus aboutie témoignant des expériences traumatisantes vécues lors de la guerre est le de cinquante,,, publié en 1924. Il parlera ainsi de cette expérience : Avis du 4 mai 1915 concernant le traitement des dénonciations anonymes par von Bissing, Un souvenir tome XXI, p 34. 25Mi-janvier, Gerstein, président de ladministration civile allemande pour la province de Brabant, adresse une lettre à Maurice Lemonnier, le bourgmestre faisant fonction. Il souligne le fait que seules cent filles de joie sont encore enregistrées à Bruxelles et que ce nombre ne peut pas correspondre à la réalité. Sil sintéresse à cette problématique, cest pour des raisons sanitaires : il constate que le nombre des maladies sexuelles a fortement augmenté. À la fin de sa lettre, il souhaite être renseigné sur quatre points : lexistence dun règlement sur la prostitution, lorganisation de la police de mœurs, le nombre des prostituées surveillées et les propositions pour améliorer le système mis en place. otto dix trois prostituées 54En fait, le contrôle de la prostitution nest pas exercé par la Sittenpolizei seule comme on aura pu le croire en se limitant aux textes fondateurs de linstitution. Elle nest pas non plus un simple organe dinspection des différents services de mœurs existant sur le territoire du Grand Bruxelles. Une petite partie du personnel de police belge est mise à son service. Ladministration communale nabandonne pas uniquement une de ses compétences cf. La loi communale du 30 mars 1836, mais met ses employés à la disposition de lautorité occupante. Ils continuent dêtre payés directement par la ville de Bruxelles, mais ne semblent plus dépendre hiérarchiquement du commissaire en chef de la Division Centrale. À part les 5 agents délégués par la ville de Bruxelles, au moins 12 policiers venant des faubourgs sont envoyés tous les jours dans la rue des Long Chariots où la police allemande a son siège. Et ils sintègrent facilement dans cette institution allemande; leur travail na pas fondamentalement changé. Dans un rapport écrit quelques mois après la mise en place de la police des mœurs allemande, Sandt les trouve appliqués et qualifie leur travail dimpeccable. Les dirigeants de la Sittenpolizei semblent ne plus tenir compte des propositions et plaintes transmises par le bureau belge des mœurs. Lors dune formation que les agents délégués suivent sous la direction de Gebhardt, ils reçoivent comme instruction quaucun fait ayant trait à la débauche ne pouvait être communiqué à la police belge et que toutes les réclamations portées à sa connaissance concernant les filles publiques seraient instruites par lui et recevraient la suite quelles comporteraient. Néanmoins les agents bruxellois semblent en partie transgresser cet ordre parce que des rapports adressés à Crespin se retrouvent dans les archives de la police bruxelloise. Ces agents ne sont plus limités dans leur travail par lappartenance à une des 16 communes; ils ont le droit de poser des actes officiels dans toutes les communes du Grand Bruxelles et de demander la coopération des employés de toutes les communes. 31 Edmond Crespin est commissaire de la Division Centrale en 1914. À ce moment, Bruxelles ne dispose p otto dix trois prostituées En 1918 lAllemagne change de régime politique suite à la défaite militaire de la première guerre mondiale 1914-1918. Lettre anonyme du 13 mars 1919 à Max; Pol14-18 420, AVB. otto dix trois prostituées En 1921, Otto Dix se rend à Düsseldorf. Il fait la connaissance du médecin Hans Il participe par obligation à la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front occidental en 1944-1945. Il est fait prisonnier en Alsace par les Français. 16Au niveau de la police dont dépend le contrôle de la prostitution, le principe de coopération est appliqué dès le début. Comme nous lavons vu, le bourgmestre de Bruxelles lui confie dès le premier jour une tâche essentielle : assurer partiellement la sécurité du passage des troupes allemandes. Or, Max dispose dun corps de police fortement réduit, suite au départ de nombreux policiers en tant que soldats. Sur un effectif originel de 803 membres, 299 soit plus dun tiers se sont engagés dans larmée. La perte est surtout importante parmi les agents dont moins de la moitié reste à Bruxelles. Le service de la police des mœurs qui fait partie de la Division Centrale a probablement été peu ou pas touché. Depuis 1850, trois policiers dans chaque division se sont spécialisés partiellement dans cette tâche. En 1877, un service spécifique composé dun commissaire adjoint, dun agent spécial et de cinq agents inspecteurs est créé. Aucun agent inspecteur nest parti; de même, peu de commissaires adjoints et dagents spéciaux ont été enrôlés. Le bureau des mœurs a donc probablement continué son service comme avant linvasion. Il sera dirigé pendant toute la guerre par Joseph Broché qui est entré en service en 1886. Un questionnaire envoyé par les Allemands nous permet de découvrir comment le bureau des mœurs fonctionne pendant les premiers mois de loccupation : au début de lannée 1915, son effectif est complet. Contrairement aux autres agents qui portent luniforme, le personnel porte une tenue civile pour favoriser une surveillance plus discrète des femmes qui se débauchent tant sur la voie publique que dans les établissements publics. Les sept agents sont secondés par deux médecins qui disposent dune station médicale exclusivement utilisée pour la visite des prostituées. En cas de maladie, celles-ci sont envoyées à lhôpital St-Pierre où il existe de nouveau un quartier spécial, séparé des autres services, pour les femmes. Elles y sont retenues jusquà leur guérison complète. Les visites sont obligatoires et ont lieu deux fois par semaine. Les frais occasionnés sont à la charge de la caisse communale. En cas de non-respect du règlement, le tribunal de police peut infliger une amende de 5 à 25 francs et un emprisonnement de 1 à 7 jours. En janvier 1915, 161 prostituées sont inscrites dont 114 éparses et 47 dans les maisons de tolérance. Sorry, you have been blocked You are unable to access lapresse.ca 65 La centrale de la dentellerie est une des nombreuses institutions mises en place par les autorités.